MAISON MARINE BEAUTÉ & PRÉCISION

Histoire

L’histoire des extensions de cils, des origines à aujourd’hui

Marine, technicienne de cils chez Maison Marine, pose des extensions sous la lampe de la cabine
Une pose d’extensions de cils chez Maison Marine, à Rémy, près de Compiègne.

La technique qui consiste à fixer une fibre sur chaque cil naturel est très récente : elle date de la fin des années 1990. Avant elle, il y a eu plus d’un siècle d’inventions, parfois surprenantes, pour allonger les cils.

Les dates clés en un coup d’œil
  1. Antiquité romainePline l’Ancien associe les cils longs à la chasteté.
  2. 1882Le journal britannique Truth rapporte que des Parisiennes se font coudre des cheveux dans les paupières.
  3. 1902 – 1903Karl Nessler brevète des cils et sourcils artificiels au Royaume-Uni, puis les vend dans son salon londonien.
  4. 1911La Canadienne Anna Taylor dépose aux États-Unis un brevet de faux cils sur bande.
  5. 1916D. W. Griffith fait poser des cils en cheveux humains à l’actrice Seena Owen pour le film Intolérance.
  6. Années 1950 – 1960Le plastique remplace le cheveu ; Twiggy popularise le « regard de poupée ».
  7. Fin des années 1990 – 2000Naissance des extensions semi-permanentes en Asie, arrivée aux États-Unis vers 2004.
  8. Années 2010Le volume (plusieurs extensions par cil) s’impose, dont le volume russe et le mega volume.
Détails et sources dans l’article.

Dans l’Antiquité, des cils longs comme gage de vertu

Le désir de cils longs ne date pas d’hier. Dans la Rome antique, Pline l’Ancien affirmait que les cils tombaient sous l’effet d’excès sexuels. Des cils longs passaient donc pour un signe de chasteté. Cette croyance n’a aucun fondement scientifique, mais elle montre que la longueur des cils était déjà chargée de sens.

XIXᵉ siècle : quand on cousait des cils dans les paupières

En 1882, Henry Labouchère, du journal britannique Truth, rapporte que des Parisiennes ont trouvé le moyen d’obtenir de faux cils en se faisant coudre des cheveux dans les paupières. Le 6 juillet 1899, le Dundee Courier décrit à son tour cette méthode douloureuse : coudre dans les paupières des cheveux prélevés sur la tête.

D’autres essayaient de coller des cheveux sur la paupière, avec moins de succès : ils finissaient souvent par tomber.

1902 – 1911 : les premiers brevets

Le coiffeur d’origine allemande Karl Nessler dépose au Royaume-Uni un brevet pour des cils et des sourcils artificiels. La demande est déposée le 26 août 1902 et acceptée le 6 novembre 1902. Dès 1903, il vend des cils artificiels dans son salon de Great Castle Street, à Londres, et utilise ses bénéfices pour financer son invention suivante : la machine à permanente. En 1915, installé à New York, il présente les faux cils comme une protection contre l’éblouissement des lampes électriques.

En 1911, la Canadienne Anna Taylor, d’Ottawa, dépose aux États-Unis un brevet de faux cils (demande du 10 février 1911). Son invention : une bande de tissu en forme de croissant, garnie de minuscules poils. C’est l’ancêtre direct du faux cil en bande que l’on trouve encore aujourd’hui.

De la bande au bouquet
FAUX CILS EN BANDEune bande collée sur la paupièreCIL À CIL1 extension par cil naturelVOLUMEun bouquet de 2 à 5 extensions par cilEn brun : cils naturels. En noir : ce qui est ajouté.
Le faux cil en bande se pose sur la paupière et se retire chaque soir. L’extension, elle, est fixée sur chaque cil naturel.

Hollywood et l’âge d’or du faux cil

En 1916, le réalisateur D. W. Griffith tourne Intolérance. Il veut que les yeux de l’actrice Seena Owen paraissent deux fois plus grands. Un perruquier fabrique des cils en cheveux humains, collés avec de la gomme à postiche. Dans ses mémoires, l’actrice Lillian Gish raconte qu’un matin, Seena Owen est arrivée au studio les yeux presque fermés tant ils avaient gonflé.

Dans les années 1930, les faux cils se répandent et apparaissent dans Vogue. Tout le monde n’est pas conquis : en 1938, le Ladies’ Home Journal juge déjà la tendance démodée. Dans les années 1950, le plastique remplace le cheveu, et des stars comme Marilyn Monroe et Rita Hayworth en portent lors de leurs séances photo.

Les années 1960 : le regard de poupée

Les années 1960 sont celles des yeux agrandis. On pose des faux cils en haut comme en bas pour imiter le regard d’une poupée, un style que le mannequin Twiggy rend célèbre. En 1968, lors de la manifestation féministe contre l’élection de Miss America, des faux cils font d’ailleurs partie des objets jetés dans la « poubelle de la liberté ».

Fin des années 1990 – 2000 : les premières extensions semi-permanentes

L’extension de cils telle qu’on la pratique en institut naît en Asie. Les sources divergent sur le pays exact : certaines citent la Corée dès les années 1990, d’autres le Japon ou la Corée au début des années 2000. Elles s’accordent en revanche sur une arrivée aux États-Unis vers 2004.

Le principe change tout : au lieu d’une bande collée sur la paupière, la technicienne fixe une fibre sur chaque cil naturel avec une colle semi-permanente. La pose peut prendre jusqu’à deux heures et tient trois à quatre semaines selon l’entretien. Au début, le choix est limité : une seule courbure (la courbure J) et des fibres épaisses.

Années 2010 : l’ère du volume

Dans les années 2010, une nouvelle méthode apparaît : poser deux, trois extensions ou plus sur un même cil naturel, réunies en petit bouquet. C’est le volume, avec ses déclinaisons « volume russe » et « mega volume ». Il exige des fibres plus fines et plus légères, pour ne pas alourdir le cil naturel. Les courbures se diversifient (B, C…), et le PBT, une fibre synthétique légère et résistante, est aujourd’hui la référence des extensions de qualité.

En 2014, Katy Stoka invente aussi des faux cils magnétiques, une alternative sans colle au faux cil en bande. Mais en institut, c’est bien l’extension posée cil par cil qui domine.

Pose volume russe 5D réalisée chez Maison Marine
Volume russe 5D
Pose volume mixte réalisée chez Maison Marine
Volume mixte
Pose cil à cil réalisée chez Maison Marine
Cil à cil

Et aujourd’hui ? Le métier de technicienne de cils

La pose d’extensions est devenue un vrai métier. En France, une certification enregistrée par France Compétences, « Réaliser une extension de cils en cil à cil et volume russe », décrit les savoir-faire attendus : analyser le regard (forme des yeux, implantation et épaisseur des cils naturels), repérer les contre-indications, respecter l’hygiène, choisir matière, diamètre, courbure et longueur, réaliser les bouquets du volume russe, savoir déposer et conseiller la cliente. Elle demande un CAP esthétique, en cours ou obtenu, ou cinq ans d’expérience en institut.

C’est ce métier de technicienne de cils, on dit aussi lashtech, qu’exerce Marine, diplômée, à Rémy, près de Compiègne. Pour découvrir les différentes poses et la façon de les adapter à chaque regard, lisez notre guide complet des extensions de cils.

Questions fréquentes

Qui a inventé les faux cils ?

Il n’y a pas un seul inventeur. Karl Nessler dépose au Royaume-Uni un brevet de cils artificiels en 1902 et les vend à Londres dès 1903. En 1911, la Canadienne Anna Taylor dépose aux États-Unis un brevet de faux cils sur bande de tissu.

Depuis quand existent les extensions de cils ?

Les extensions semi-permanentes, posées sur chaque cil naturel, apparaissent en Asie entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 (les sources citent la Corée ou le Japon). Elles arrivent aux États-Unis vers 2004.

Quelle différence entre faux cils et extensions de cils ?

Le faux cil en bande se colle sur la paupière et se retire chaque jour. L’extension est fixée sur un cil naturel avec une colle semi-permanente et tombe avec lui, au rythme du renouvellement naturel des cils.

Combien de temps tiennent des extensions de cils ?

Trois à quatre semaines selon l’entretien. Chez Maison Marine, le remplissage se fait jusqu’à 3 semaines après la pose.

Sources